Quel réglage de qualité JPEG choisir ?
Tout logiciel qui enregistre en JPEG demande une qualité de 0 à 100, et le rapport entre poids et qualité est loin d’être linéaire. Nous avons enregistré six photos à douze réglages et mesuré ce que change chaque palier.
Tout logiciel qui enregistre en JPEG demande une qualité entre 0 et 100, et la plupart des gens la laissent où elle était. Ce nombre décide de la part de la photo qui est jetée, et le rapport entre poids et qualité est loin d’être linéaire. Nous avons enregistré six photos à douze réglages de qualité et mesuré ce que change vraiment chaque palier.
Ce que fait le réglage de qualité
Le JPEG découpe une photo en blocs de 8 pixels sur 8 et décrit chaque bloc comme un mélange de motifs simples, du plus uni au plus finement rayé. Le réglage de qualité décide de la précision avec laquelle ces motifs sont stockés : une haute qualité garde les rayures fines, une basse qualité les arrondit. Les détails fins et les bords nets souffrent en premier, c’est pourquoi un JPEG très compressé montre des blocs et des halos autour des contours.
Le nombre lui-même n’est un pourcentage de rien, et il n’est pas le même d’un logiciel à l’autre. La qualité 80 dans Photoshop, dans l’appareil photo d’un téléphone et dans un outil web peut donner des fichiers bien différents. La suite utilise MozJPEG, l’encodeur de notre compresseur d’images, qui produit des fichiers plus légers que la libjpeg standard au même réglage.
Poids et qualité à chaque réglage
Nous avons enregistré six photos différentes, chacune de 2048 pixels de large, à chaque réglage de 20 à 100, et mesuré le poids et le score SSIM, qui décrit la ressemblance du résultat avec l’original sur une échelle de 0 à 1. En moyenne sur les six photos :
La courbe est douce jusqu’à 75, puis grimpe en flèche. La qualité 100 pèse plus de dix fois la qualité 75.
| Qualité | Poids moyen | SSIM | Poids comparé à 75 |
|---|---|---|---|
| 20 | 58 Ko | 0,902 | 30 % |
| 30 | 80 Ko | 0,928 | 41 % |
| 50 | 119 Ko | 0,949 | 62 % |
| 60 | 139 Ko | 0,956 | 72 % |
| 75 | 193 Ko | 0,967 | 100 % |
| 80 | 265 Ko | 0,971 | 137 % |
| 85 | 315 Ko | 0,975 | 163 % |
| 90 | 526 Ko | 0,980 | 273 % |
| 95 | 792 Ko | 0,987 | 410 % |
| 100 | 2 089 Ko | 0,999 | 1082 % |
Passer de 30 à 75 fait plus que doubler le fichier et nettoie visiblement l’image. Passer de 75 à 95 le multiplie par quatre pour une amélioration que la plupart des gens ne remarquent qu’en zoomant. Les cinq derniers paliers, de 95 à 100, multiplient encore le poids par 2,6 pour une différence que personne ne voit à taille normale.
À quoi cela ressemble
Des lettres au néon sur fond sombre sont un cas difficile pour le JPEG : une couleur vive et saturée à côté d’un noir presque pur. Voici la même partie d’une enseigne à quatre réglages, agrandie deux fois pour que chaque pixel soit visible. Les poids sont ceux de la photo entière.



Pourquoi le poids saute à 80 et 90
Deux paliers du tableau sont bien plus grands que leurs voisins : de 75 à 80, on ajoute 37 %, et de 85 à 90, 67 %. La qualité des motifs ne change pas brusquement à ces endroits. C’est autre chose qui change.
Notre œil est bien moins sensible aux détails fins de la couleur qu’à ceux de la luminosité, et le JPEG en profite avec le sous-échantillonnage de chrominance : il peut stocker l’information de couleur à demi-largeur (4:2:2) ou à demi-largeur et demi-hauteur (4:2:0), en gardant la luminosité en pleine résolution. MozJPEG, réglé en mode automatique, utilise le 4:2:0 sous la qualité 80, le 4:2:2 de 80 à 89 et la couleur complète (4:4:4) à partir de 90. Sur la photo de l’ara, la qualité 79 donnait 174 Ko et la qualité 80, 220 Ko ; la qualité 89 donnait 339 Ko et la qualité 90, 469 Ko.
Pour la plupart des photos, la couleur réduite de moitié est invisible. Elle se voit surtout sur des bords nets entre couleurs saturées, comme du texte rouge sur du bleu, ou le néon. Si vous enregistrez des captures d’écran ou des graphiques en JPEG (ce qu’il vaut généralement mieux éviter), un réglage de 90 ou plus évite les franges colorées autour du texte.
Toutes les photos ne réagissent pas pareil
En qualité 75, nos photos allaient de 90 Ko (le chat, une fourrure douce sur un fond uni) à 394 Ko (le lac, avec des milliers d’arbres). Les photos détaillées demandent plus d’octets à tout réglage, et montrent aussi les défauts plus tard, car les détails chargés masquent les petites erreurs. Les zones lisses comme le ciel, la peau et les fonds de studio montrent en premier les blocs et les bandes. Quand vous choisissez un réglage pour tout un lot, vérifiez une photo avec de grandes zones lisses, pas la plus chargée.
Quel réglage utiliser
- Photos pour un site ou un réseau social : 70 à 80. N’oubliez pas que la plupart des réseaux sociaux recompressent ce que vous publiez.
- Photos envoyées par e-mail ou messagerie : 75 suffit largement et garde les pièces jointes légères.
- Photos à imprimer, ou que vous retoucherez et réenregistrerez : 85 à 90. Chaque enregistrement en JPEG perd un peu plus : gardez de la marge.
- Archivage des originaux : gardez le fichier de l’appareil. Si vous devez convertir, 95 est un plafond raisonnable ; 100 gaspille de la place.
- Tout ce qui contient du texte, des traits ou des aplats : du PNG plutôt que du JPEG. Voir JPG, PNG, WebP ou AVIF.
S’il vous faut un fichier sous un poids précis, pour un formulaire par exemple, le compresseur d’images peut chercher la qualité la plus haute qui tient dans une cible comme 100 Ko et vous montre le résultat avant le téléchargement. Il fonctionne dans votre navigateur : vos photos restent sur votre appareil.
Questions et réponses
Quel est un bon réglage de qualité JPEG ?
Pour la plupart des photos à l’écran, 75 à 80 avec un encodeur moderne. Dans notre test, 75 gardait un SSIM moyen de 0,967 pour un cinquième du poids de la qualité 95.
La qualité JPEG 100 est-elle sans perte ?
Non. Même à 100, le JPEG arrondit les valeurs de couleur et de luminosité : le fichier n’est pas une copie exacte, et il pesait plus de dix fois la qualité 75 dans notre test.
Réenregistrer un JPEG baisse-t-il sa qualité ?
Oui, à chaque nouvel enregistrement en JPEG, sauf s’il n’est pas modifié du tout et que le logiciel le copie tel quel. Retouchez à partir d’un original et exportez une seule fois.
Pourquoi la même qualité donne-t-elle des poids différents selon les logiciels ?
L’échelle n’est pas normalisée. Chaque encodeur traduit le nombre selon ses propres tables et choix, comme le sous-échantillonnage de chrominance : comparez les résultats au poids et à l’aspect, pas au nombre.
Les outils de cet article
À lire aussi sur le blog
JPG, PNG, WebP ou AVIF : quel format choisir
Nous avons enregistré six photos et un graphique dans les quatre formats à la même qualité visuelle et comparé les tailles. Les formats récents l’emportent largement sur les photos, mais chacun garde son usage.
Pixels, DPI et poids : quelle taille doit faire une photo ?
Les formulaires demandent 300 DPI, les imprimeurs une haute résolution, et les téléphones font des photos de 12 mégapixels. Nous avons testé ce que fait vraiment le DPI, comment le poids suit le nombre de pixels et combien de pixels chaque usage demande.
SVG ou PNG : que choisir pour les logos, icônes et illustrations
Le SVG stocke des formes et le PNG des pixels, et c’est ce qui décide lequel convient. Nous avons comparé cinq SVG de complexité très différente à des copies PNG de quatre tailles, et vectorisé un logo, un sceau et une photo.